Cinépillage
Less Than Zero

Less than zero

Pris de vertige face au vide, on peut reprendre pied dans les turpitudes terre à terre d’une jeunesse désoeuvrée.

Alors que certains s’enorgueillissent des choix qu’ils font, d’autres se débrouillent avec la pauvreté des éléments narratifs que leur vie propose. Il y a un côté absurde à accepter de s’investir dans ces petits riens, et à déplorer l’évanescence du récit qui se dessine.

Comme dans de nombreux romans de Bret Easton Ellis, il y a une distance qui garde un mystère de soi, qui veut sauvegarder la magie de sa propre vie. On peut y voir un désillusion mathématique, action, une appréciation de la simplicité, une livraison d’un soi qui n’attend pas grand chose, et rien en retour, pas d’amour, le vide.

Une chose intéressante dans les relations est qu’il n’y a pas d’enjeu, que tout est désamorcé dans le vide. Il n’y a pas de pornographie dans cette littérature, car l’image est manquante. C’est l’inverse du capitalisme pornographique qui investit dans l’image. Ici l’image est perdue, et on fait les choses pour rien.

Il y a une vision clinique de l’adolescence où on ne comprend pas la valeur de certaines choses, où le sens reste ouvert et pas encore prédéfini par l’histoire ou les enjeux. Les relations semblent vide, mais elles peuvent se faire quand même sans romantisme forcé aucun, sans projection.

Il y a un côté dépressif à être seul en dehors de l’histoire des autres, avec comme seul personnage que soi, sans héros dans sa vie. La littérature cherche parfois à s’échapper de sa propre non histoire en s’accrochant aux histoires des autres. Elle définit dans la relation au livre, un rapport à l’autre qui est faux, le livre érudit qui donne un modèle de relation prof/élève, le livre avec des héros où on cherche à devenir un héros, le modèle de l’anti héros quand nous même on ne parvient à être un héros.