Le pornographe timide
Dans le pornographe timide, une peu comme dans ap, il y a des pages de vide, où les phrases délimitent une partie passive de la vie, où le cours des choses porte les personnages. Ce qui se passe semble n’avoir de sens que de couver la naissance d’une intention, dans les interstices, les passages de flottement, qui donnent une chance aux choses de se faire.
Peut être que dans ap, le narrateur invite aussi le lecteur à voir par ses yeux, à emprunter sa violence, à l’assumer, pour se battre contre une esthétique bourgeoise qui l’enferme au niveau de la surface des choses, et qui l’empêche d’aimer vraiment.
Ce point de vue, ici, le narrateur peut s’en échapper, en détruisant l’oeil, en le poinçonnant puis en fuyant le monde qui l’a créé.